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Aude : le Dolmen des Fades n’a pas fini de livrer ses secrets sur le néolithique


Début avril, des chercheurs du CNRS et de l’institut nationwide de recherches archéologiques préventives (Inrap) sont intervenus sur le website de Pépieux : là où le plus lengthy dolmen de France avait été fouillé par Jean Guilaine, dans les années 1960 puis en 1994. L’illustre archéologue et protohistorien carcassonnais, spécialiste du néolithique, qui planche sur une monographie du website, a participé à l’opération.  

Les lieux étaient incontournables, pour un projet de recherche consacré au monumentalisme néolithique : considéré comme le plus lengthy dolmen de France, le website des Fades, à Pépieux, était une vacation spot toute trouvée pour les chercheurs du CNRS et de l’Inrap, présents dans l’Aude pour une nouvelle opération de fouilles sur cette tombe collective conservée sur 24 mètres de lengthy.

Un rendez-vous particulier, puisqu’il bénéficiait de la présence de Jean Guilaine, archéologue carcassonnais ; une référence de la protohistoire, intimement liée à ce Dolmen des Fades, dont il avait dirigé les fouilles dans les années 1960 puis en 1994. Illustre néolithicien, à la ardour intacte, “au regard aiguisé et bienveillant”, comme le décrit l’Inrap, et qui à 85 ans planche sur une monographie du website.

Autant de bonnes raisons pour réunir une équipe d’une quinzaine de personnes : du CNRS et de l’Inrap, donc ; mais aussi de l’Université d’Alcalà (Madrid) ; des fouilleurs bénévoles de l’affiliation MégaNéo, aussi. Durant cinq jours, archéologues spécialistes du mégalithisme, des cultures néolithiques languedociennes, des représentations graphiques de la Préhistoire récente, anthropologue, géomorphologue, géologue, paléoenvironnementaliste, topographe, géomaticien et physicien ont donc planché, “pour tenter, à 30 ans de distance, de compléter les dernières observations réalisées par Jean Guilaine”.

“Il reste donc bien des informations que l’on n’a pas encore exploitées”

Une initiative uncommon, précisait Muriel Gandelin, docteur en préhistoire et responsable d’opérations pour les périodes néolithiques de l’Inrap Midi-Méditerranée : “C’est d’autant moins fréquent sur un site classé monument historique. Cela fait partie des monuments dont on a considéré pendant longtemps que l’on ne pouvait plus rien en tirer. On sait qu’il remonte au néolithique, qu’il a aussi été utilisé à l’âge du bronze, à l’âge du fer, ou encore comme bergerie au Moyen Âge. Sur les fouilles, on a sorti des pointes de flèches, des ossements. Il reste donc bien des informations que l’on n’a pas encore exploitées.” 

De précieux secrets and techniques à découvrir, pour ce néolithique (5 800 à 2 800 avant notre ère) synonyme du passage à la vie sédentaire, des premiers villages à l’apparition de la tradition des céréales et de l’élevage, avec l’invention de la roue, de la traction animale, du stockage, de la poterie,…

Une énigmatique pierre de 3,88 m, des gravures anciennes

Truelles, pelles et pioches étaient donc de retour. Mais 60 ans après les premières fouilles, et 30 ans après la dernière opération d’ampleur, de nouvelles interrogations et méthodes sont là. “La présence d’un grand monolithe couché avait été observée par Jean Guilaine en 1994, précise Muriel Gandelin. Cette pierre (3,88 m de long, 74 cm de large, 43 cm d’épaisseur) devenait un élément extrêmement intéressant”. Un énigmatique ensemble constitué par les hommes préhistoriques, dégagé en ce printemps 2022, pour sonder une des hypothèses envisagées : “Des menhirs dressés étaient souvent abattus et intégrés aux dolmens.” 

Autre objet de curiosité, le tumulus, amas artificiel de pierres et de terre qui recouvrait le dolmen, que les opérations antérieures menées aux abords de la chambre funéraire n’avaient pas permis de caractériser : les fouilles d’avril auront permis de caractériser un amas de dalles en grès, “qui devait caractériser de façon saisissante la monumentalité de la tombe dont les dimensions devaient dépasser une trentaine de mètres”.

Des enseignements enrichis par la participation de Primitiva Bueno Ramirez et Rodriga de Balbin Behrmann, professeurs madrilènes, spécialistes des gravures anciennes, qui ont eux découvert plusieurs tracés inédits sur les parois des piliers du monument. Autant de secrets and techniques levés. Précieux pour Jean Guilaine. Rares pour l’Inrap qui, à l’event d’une année 2022 coïncidant avec ses 20 ans d’existence, “va valoriser ces découvertes”.

Et se projette déjà : “Cette opération, initialement prévue comme unique, a levé certaines interrogations sans toutefois répondre à l’ensemble des questions que se posent les archéologues. Une nouvelle opération sera donc nécessaire pour compléter l’histoire de ce monument remarquable.”

Des électrons piégés dans la pierre pour connaître la date d’édification

Les nouvelles fouilles menées devraient livrer un autre précieux enseignement, celui de la date de building du dolmen, grâce aux progrès technologiques : “On sait que le site de Sainte-Eugène, à Laure-Minervois, a été utilisé pendant plus d’un millénaire. Mais on n’a pas jusque-là affiné des dates précises de construction.”

Pour la première fois sur ce sort de monument, des prélèvements par OSL, une méthode de datation par luminescence optique stimulée, sont utilisés, pour détecter les électrons piégés dans la matrice des pierres.

Une vingtaine de prélèvements, réalisés par un chercheur du CNRS de Géosciences Rennes, ont été adressés à une équipe danoise spécialisée dans ces analyses : “Les résultats sont attendus dans quelques mois, espère Muriel Gandelin. On devrait savoir le dernier jour où les cristaux ont vu le jour avant d’être enfouis.”

L’opération a bénéficié de financements de l’agence nationale de recherche (ANR), de l’Inrap, du ministère de la Culture et du Conseil départemental, through l’affiliation pour le développement des rencontres et des échanges universitaires et culturels (ADREUC).



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