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“Etre soigné selon ses besoins, pas selon ses moyens”


l’essentiel
Thierry Legendre revient sur les inévitables évolutions de pratiques liées au numérique, à la démographie médicale ou encore aux nouvelles règles du reste à cost.

Son mandat s’est officiellement achevé la semaine du 25 avril. Représentant de l’union départementale des associations familiales (Udaf), Thierry Legendre avait été élu président du conseil de la caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) de l’Aude en avril 2018, avec 18 voix sur 20.

Quatre ans plus tard, alors que son successeur sera installé après le 10 mai, il revient sur les temps forts d’un “mandat très riche”, convaincu que les “valeurs” du conseil nationwide de la résistance qui avaient mené à la création de la Sécurité sociale en 1945 “sont toujours d’actualité 75 ans plus tard”. Un besoin que les années à venir devraient renforcer, avec une “nécessité d’évoluer”, pour “aller vers plus de sécurité sociale”, et ainsi répondre à des enjeux environnementaux qui pourraient engendrer de “l’insécurité sociale”.

Reste à cost 0, l’esprit de la Sécu

Déployé depuis le 1er janvier 2019, intégralement en vigueur depuis le 1er janvier 2021, le “100 % santé” a donc signifié un reste à cost zéro pour les soins dentaires, l’optique et l’audiologie. Une des “grosses avancées” que Thierry Legendre retient de son mandat : “Parce qu’on revient ici à l’idée de base de la Sécurité sociale, celle d’être soigné selon ses besoins et pas selon ses moyens. La Sécu n’est pas seulement un droit de tirage mais est là pour permettre à des gens qui en ont besoin d’être soignés.” Preuve de l’utilité de la mesure, ces dossiers aujourd’hui portés disparus de la fee d’motion sanitaire et sociale de la CPAM, pour des demandes d’aides sur des restes à cost : “Cela montre que ça fonctionne, conclut Thierry Legendre. Même si du chemin reste encore à parcourir sur du 100 % généralisé, pour aller encore plus loin.” Et même si, complète le président sortant, “il y a sans doute la nécessité que certains professionnels jouent plus encore le jeu pour proposer les outils qui figurent dans le ‘‘panier’’ qui permet de faire jouer le reste à charge 0” .

L’accès aux soins révolutionné

Autre évolution, ou plutôt “révolution médicale” soulignée par Thierry Legendre, celle d’une médecine “coordonnée” qui a pris le pas sur un modèle révolu, cette “caricature du médecin de campagne, qui travaille seul dans son coin, de 8 h à 23 h” . Un isolement forcément modifié par les nouvelles pratiques et les nouveaux outils : avec les “délégations de tâches” au bénéfice des pharmaciens ou des infirmiers en pratique avancée ; avec les outils collectifs que sont les maisons de santé pluridisciplinaires (MSP) et les communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS).

Deux atouts à valoriser sur la query de “l’accès aux soins” , en profitant des partenariats avec “ARS, conseil départemental, MSA, collectivités territoriales, professionnels de santé. Il n’y a pas de formule miracle, on ne fait pas un médecin en trois jours. Mais il faut exploiter toutes les solutions en matière de redéploiement sur les territoires” .

Un besoin, une attente, et donc une urgence. Car “ce qui est dommage, prolonge Thierry Legendre, c’est que cela se fasse dans une situation tendue, avec des autorités qui n’ont pas fait le choix de prévoir des moyens à la hauteur des besoins.” Référence à cette délicate “démographie médicale” synonyme de “perte de chance. L’égalité des gens en matière de santé, ça fait partie des valeurs de la République” . Une égalité espérée aussi du côté d’un hôpital qui a lui aussi “besoin d’une refonte. Qu’il y ait de la souffrance chez des personnes qui soignent, c’est une aberration. Il faut, en cas de nouvelle crise, un système de santé en capacité de répondre”.

Le numérique, oui mais

Avec les comptes Améli, et depuis peu les Espaces santé, la CPAM, qui tente aussi de répondre aux nécessités d’un territoire rural avec sa présence dans les Maisons France Service, mise sur le numérique. Un atout, veut bien croire Thierry Legendre.

Mais pas l’alpha et l’oméga : “Cela ne répondra pas à tout et pour tout le monde, puisque la fracture numérique reste une réalité. Mais pour ceux qui y ont accès, et qui avec 2 clics pourraient s’épargner deux heures d’attente pour un document, bien sûr que c’est profitable.” Un ni oui ni non que l’ancien président décline sur la query de la “télémédecine et de la téléconsultation, qui ne peuvent pas répondre à tous les besoins ou toutes les attentes”.



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