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L’Amérique, entre un nouveau deuil et les mêmes questions



« Nous devons travailler tous ensemble face à la haine qui reste une tache sur l’âme de l’Amérique ». Au lendemain de la tuerie de Buffalo, qui a fait dix morts et trois blessés, Joe Biden, cité par The Hill, a lancé un nouvel appel à l’unité. Le président américain n’a pas choisi le mot haine au hasard. L’enquête s’oriente vers un crime raciste. Le suspect, un jeune homme blanc de dix-huit ans, ayant clairement dit aux policiers qu’il avait ciblé la communauté noire en venant spécifiquement dans ce supermarché, à 300 kilomètres de son lieu de résidence.

Les autorités évoquent des déclarations « perturbantes », qui s’ajoutent à un mémo de 180 pages publié avant son crime et des éléments découverts pendant l’investigation comme son intérêt pour d’autres crimes racistes. « C’est quelqu’un qui avait de la haine dans son coeur, son âme et son esprit », a insisté Joseph Gramaglia, le chef de la police de Buffalo.

« L’attaque a des similarités avec d’autres fusillades de ces dernières années », comme la fusillade de 2019 dans deux mosquées de Christchurch en Nouvelle-Zélande, observe CNN. La chaîne américaine relève que, si la tuerie de Buffalo est la plus meurtrière de 2022, environ deux cents fusillade de masse – impliquant quatre victimes ou plus, sans compter le tireur ou la tireuse -, ont déjà eu lieu depuis le début de l’année. Plus d’une par jour.

Moins de vingt-quatre heures après le drame, l’Amérique se divisait déjà sur son analyse. La rédaction du conservateur Wall Street Journal parle dans un éditorial intitulé « le bloodbath à Buffalo » d’un « autre jeune tireur dérangé ». « Possédé par une inexplicable haine », il aurait profil collant à celui de jeunes hommes qui deviennent des tueurs de masse « à un âge où la maladie mentale frappe souvent ». Cette remark pousse le quotidien à suggérer un meilleur contrôle des armes à feu pour les personnes psychologiquement fragiles.

Mais le Journal prévient aussi que les anti-armés à feu « se servent déjà du bloodbath pour dresser de plus larges conclusions, comme ils le font toujours ». Si le racisme existe en Amérique, les maladies mentales paraissent un dénominateur bien plus commun.

Fusillade dans une église de Californie dimanche

Rolling Stone ne partage, sans shock, pas du tout cet avis. Le journal rejette l’idée d’un « loup solitaire » et voit, au contraire, chez le suspect « un républicain mainstream » alors que « les extrêmistes de la droite qui contrôle le GOP moderne sont saisis d’une délusion raciste ». Une imaginative and prescient prolongée par une tribune du Washington Post pour qui les éléments de langague du mémo sur « le grand remplacement » par exemple ne font que reprendre, presque mot pour mot, ceux de Tucker Carlson, présentateur star de Fox News. « Même ceux qui ne défendent pas la violence », ajoute le texte en parlant de la droite, « ont facilité l’accès aux armes plus easy en éviscérant les lois existantes ».

Au-delà du deuil, d’autres questions agitent la communauté, souligne le Buffalo News. « On ne sait pas remark ce gars est sorti de là vivant. Si un noir avait eu un tournevis dans la primary, il aurait été tué », guarantee un résident de passage sur le lieu du drame. La police a travers le pays a pu tuer de jeunes noirs sans arme et moins menaçants, indique le quotidien. Le chef de la police signale que le suspect est sorti en pointant vers lui, pas vers les forces de l’ordre pour justifier l’arrestation relativement calme.

Dimanche après-midi, de l’autre côté du pays, une énième fusillade a frappé cette fois lors d’une réception dans une église de Laguna Woods, communauté tranquille à proximité de Los Angeles où vivent surtout des retraités, rapporte le Los Angeles Times. Un homme a été tué et quatre autres personnes grièvement blessées. Le suspect est un mâle de 68 ans, d’origine taïwanaise. L’incident, juste après Buffalo, montre que la violence des armes à feu affecte tous les Etats – la Californie a une législation stricte dans ce domaine – et toutes les communautés.



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