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les appels à la grève se multiplient dans l’aérien et le ferroviaire



La grogne n’est pas seulement réservée au secteur aérien. Elle commence aussi à toucher le transport ferroviaire. Le Royaume-Uni se prépare à un important mouvement de grève, comme il n’y en a pas eu depuis 30 ans dans le rail. Des journées de débrayage sont d’ores et déjà prévues fin juin. La plus grosse journée de perturbations est prévue mardi 21 juin et touchera les lignes de train dans tout le pays et le métro de Londres. Le mouvement reprend jeudi 23 et samedi 25 juin, mais les transports seront perturbés dès lundi et jusqu’à dimanche.

Plus de 50.000 travailleurs appartenant au syndicat Rail, Maritime and Transport Workers (RMT) doivent prendre part à ces grèves. La compagnie Network Rail, qui gère les infrastructures ferroviaires du pays, avançait un chiffre de 20% de service assuré seulement, avec la moitié du réseau ouvert, pour les trois jours de grèves.

Echec des négociations au Royaume-Uni dans le ferroviaire

Samedi, les syndicats du secteur ont confirmé le maintien de ces journées de grève, après des négociations qui ont échoué sur de meilleurs salaires et conditions de travail.

« Malgré les meilleurs efforts de nos négociateurs, aucun accord viable n’a été atteint », a regretté le secrétaire général du syndicat du rail RMT Mick Lynch à l’issue de discussions ayant duré plusieurs semaines.

Les raisons du mécontentement ? Selon le syndicaliste, la source du conflit réside « dans la décision du gouvernement conservateur de supprimer 4 milliards de livres de subventions dans les systèmes de transport britanniques ». RMT affirme notamment que le gestionnaire du réseau de chemins de fer Network Rail a l’intention de supprimer au moins 2.500 emplois de maintenance dans le cadre d’un plan d’économies de 2 milliards de livres (environ 2,33 milliards d’euros).

« Personne ne gagne pendant une grève », a dénoncé un porte-parole de groupe Rail Delivery, soulignant faire en sorte de « maintenir autant de services possibles ». « Mais des perturbations seront inévitables et certaines parties du réseau ne fonctionneront pas », a-t-il ajouté, invitant les usagers à considérer d’autres moyens de déplacement. Ce débrayage risque notamment de perturber plusieurs événements sportifs et culturels de grande ampleur comme le festival de musique de Glastonbury, un concert des Rolling Stones à Hyde Park à Londres samedi et les examens de fin d’études de certains lycéens.

Le mouvement pourrait se poursuivre cet été, a averti une organisation syndicale. « Nous pourrions assister à un été du mécontentement sur nos chemins de fer si Network Rail (propriétaire et gestionnaire de la majeure partie du réseau ferroviaire britannique ndlr.) ne fait pas preuve de bon sens et ne s’assoit pas à la table des négociations pour répondre aux préoccupations de son personnel », a déclaré Manuel Cortes, secrétaire général de la Transport Salaried Staffs’ Association (TSSA). Une nouvelle action de grève est envisagée dès le 25 juillet.

Des perturbations lundi à l’aéroport de Bruxelles

Le secteur aérien européen est aussi touché par des mouvements sociaux. En Belgique, à partir de lundi 20 juin, des perturbations sont prévues en raison de mouvements de grève des employés des sociétés de sécurité de l’aéroport international et de préavis de grèves des personnels des compagnies Brussels Airlines et Ryanair.

«Brussels Airport s’attend à de fortes perturbations des opérations aéroportuaires» le 20 juin et a recommandé aux voyageurs de «reporter» leur voyage prévu ce jour là dans un message sur son site internet.

La compagnie Brussels Airlines a pour sa part annoncé être contrainte d’annuler la moitié de ses vols programmés lundi. Le voyagiste allemand TUI a averti que plusieurs de ses vols sur Bruxelles seront déviés vers les aéroports régionaux de Charleroi, Liège, Ostende et Anvers.

Des préavis de grève ont par ailleurs été déposés par les personnels navigants – pilotes et personnel de cabines – de la compagnie Brussels Airlines pour les journées des jeudi 23, vendredi 24 et samedi 25 juin. Le personnel de cabine de la compagnie Ryanair basé en Belgique à pour sa part décidé de faire grève les 24, 25 et 26 juin, ont annoncé les syndicats. Mais le mouvement n’affectera pas la société nationale belge des chemins de fer (SNCB), qui a annoncé son intention de faire rouler des trains supplémentaires à cette date. La compagnie a toutefois mis en garde les voyageurs contre une forte affluence

Le patron de Ryanair minimise

Alors que depuis plusieurs semaines des mouvements de grève se multiplient dans l’aérien, le patron de Ryanair, l’Irlandais Michael O’Leary, a minimisé les conséquences des mouvements sociaux au sein de sa compagnie en Espagne, en Belgique et au Portugal.

«Nous assurons 2.500 vols par jour. La plupart de ces vols continueront à être assurés, même si un syndicat de +Mickey+ fait grève en Espagne ou si les syndicats belges du personnel de cabine veulent faire grève ici», a-t-il déclaré mardi dernier lors d’une conférence de presse à Bruxelles.

La France n’est pas épargnée. Dans les aéroports parisiens, après un mouvement de grève le jeudi 9 juin, les personnels des aéroports parisiens, qui réclament des hausses de salaires, appellent à une nouvelle grève à partir du 1er juillet.

(Avec AFP et Reuters)