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Loire. La Traviata jouée les 14 et 16 juin à l’Opéra de Saint-Etienne



C’est avec ferveur que le public de cette générale a accueilli une Traviata à laquelle ne manquent que les superlatifs pour la décrire.Certains assistaient pour la première fois à un spectacle lyrique. Pour d’autres, c’était une re-découverte.

En effet, l’œuvre a déjà été donnée à Saint-Étienne en 2013 avec le même metteur en scène, Jean-Louis Grinda, que l’on a pu apercevoir se glissant dans les travées. Ce dernier est directeur de l’Opéra de Monte-Carlo depuis 2007 et des Chorégies d’Orange depuis 2016. C’est aussi un metteur en scène prolixe, au regard aiguisé sur l’essence dramatique des œuvres.

Si presque dix ans séparent les représentations, on y retrouve les mêmes costumes et les mêmes décors, « made in Saint-Étienne », tous réalisés dans les ateliers de l’Opéra. Et le charme opère de nouveau.

C’est en silence que débute le drame, le temps de plonger un regard tamisé sur une chambre sordide. C’est là que Violetta gît, entourée d’autres « pensionnaires » vivant de leurs charmes plantureux. La musique de Verdi s’invite peu à peu, presque en sourdine, pour éclater ensuite, tandis que, de part et d’autre, s’ouvrent les panneaux de misère. Ils laisseront place, au fil des trois actes, à des décors centraux admirables, qu’il s’agisse de la salle de fête avec ses colonnades et ses ors, de la salle de jeux à l’escalier majestueux ou du refuge bucolique de la parenthèse heureuse de cette « dévoyée ».

La soprano Ruth Iniesta interprète Violetta

Cependant, ces panneaux ne s’effaceront jamais totalement, porteurs d’une symbolique mémorielle impitoyable. La rédemption de la pécheresse touchera Dieu peut-être, en un rai de lumière immaculé à la fin. Mais pas les hommes de son temps.

C’est la soprano Ruth Iniesta qui interprète Violetta, personnage inspiré de celui de la Dame aux camélias, d’Alexandre Dumas fils (livret de Francesco Maria Piave). Le rôle n’est pas facile, exigeant autant de qualités vocales que de présence scénique sans artifice. La réussite est incontestable.

De même, le ténor Thomas Bettinger, applaudi il y a peu dans Lancelot, campe un Alfredo au timbre à la fois lumineux et sensible. Le baryton André Heyboer (Giorgio Germont) passe quant à lui avec justesse des inflexions brutales aux accents mélodieux du remords. Autour d’eux, le Chœur Lyrique Saint-Étienne Loire mène une danse vocale éclatante.

La musique, presque charnelle, fait écho aux affects des personnages et est brillamment interprétée par l’OSSE, sous la direction de Giuseppe Grazioli.

La Traviata de Verdi, les 14 et 16 juin à 20 heures, au grand théâtre Massenet de l’Opéra de Saint-Étienne. Durée : environ 2h40, entracte compris. De 10 à 60 euros. Représentation en audiodescription le 12juin. opera.saint-etienne.fr / 04.77.47.83.40.



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