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Pays de Lunel : le costume d’Arlésienne, une tradition centenaire mise en lumière par Lou Velout pescalune


Roseline Delon s’applique, depuis quarante ans, à maintenir, transmettre et valoriser cette tradition au sein de son association.

C’est sous le règne de Louis XV que les Arlésiennes ont commencé à manifester leur originalité vestimentaire, devenue un symbole de l’identité provençale, maintenu par la volonté de Frédéric Mistral et Léo Lelée. Ceux-là même qui, en 1903, créèrent la Fèsto Vierginenco, glorifiant ainsi les jeunes filles portant le costume traditionnel adulte pour la première fois.

C’est ainsi que, encore aujourd’hui, ce costume peut être admiré dans beaucoup de manifestations provençales et camarguaises. Pour des défilés, des capelados, des messes, lors de diverses cérémonies liées aux traditions locales, jeunes filles et belles dames forment un décorum unique et n’hésitent pas à danser quelques farandoles ou mazurkas au son des fifres et galoubets.

De nombreux groupes se sont ainsi formés dans les villes et villages et, à Lunel, c’est Lou Velout pescalune, comptant une douzaine de participantes, qui tient le flambeau, grâce à sa fondatrice Roseline Delon.

Autodidacte et exigeante

C’était en 1984, se souvient-elle, mais j’avais commencé bien avant. Jean-Pierre, mon mari, s’occupait de l’école taurine de Lunel et je voyais ces filles en short et chaussettes remettre les prix en piste, c’était affreux. Alors, j’ai pris les choses en main, je suis allée à Arles et je me suis procuré du tissu, des livres, j’ai dessiné des patrons et, en 1978, j’ai fait le premier costume !”

La couture, Roseline l’avait commencée toute jeune, en cachette, sur la machine à pédales de son père. Après quelques remontrances, ce bon papa apprit le métier à sa fille qui, dès lors, n’a plus cessé de manier le fil et l’aiguille.

C’est donc sans appréhension qu’elle s’est lancée dans la confection de jupons, de plastrons et autre tablier dans de beaux tissus de coton, de taffetas, d’abord pour sa fille, puis pour elle-même et ensuite pour beaucoup d’autres belles.

L’importante transmission

Aujourd’hui, Roseline ne coud plus pour les autres mais elle est devenue une référente pour transmettre les techniques, comme la façon de plier la cravate, le placement de chaque pièce, le nombre d’épingles, la coiffure et bien d’autres manipulations codifiées et incontournables pour avoir la tenue parfaite, exigeant un contrôle systématique avant chaque manifestation.

Même en ayant repassé et monté le costume quelques jours avant, on doit compter trois heures pour être comme il faut. On se lève avant le jour, surtout quand il faut aller dans des villes éloignées ! Il faut réaliser les coiffures, parfois reprendre un pli, chacune aide l’autre. C’est un réel plaisir de mettre le costume. C’est une passion qui demande de la patience, de la rigueur et qui n’est pas de tout repos. Les journées peuvent être longues et il fait souvent très chaud, mais c’est tellement beau !”

Des codes vestimentaires à respecter

Le costume en cravate, dit de Mirèio, se porte toute la vie dès l’âge de 8 ans avec bonnet blanc, èso noire (corsage), tablier devant la jupe. Le costume en ruban, avec coiffure en tulle ou dentelle et ruban bleu marine ou assorti à la tenue, est autorisé dès l’âge de 15 ans.

Le costume gansé pour les grandes cérémonies, pour la mariée, réalisé dans de précieux tissus comme la soie, avec l’èso assortie à la jupe à traîne et les manches ornées de dentelles, est complété par une pèlerine.

Depuis 1930, la reine d’Arles est intronisée dans un costume gansé blanc. Tous les premiers dimanches de juillet a lieu la fête du costume à Arles. Pour faire partie du Velout pescalune, il faut avoir sa tenue. Chacune apprendra à se coiffer et à monter son costume avec l’aide des autres.

Adhésion : 10 € par an. L’association Lou Velout pescalune est joignable au 06 21 86 32 75.



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