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Société. Vivons-nous tous de la même façon nos premières fois ?



Les premiers moments d’une rencontre, le premier dîner, la première nuit, le premier week-end ensemble, sont autant d’hésitations des deux côtés, de gêne, de crainte de ne pas plaire. Dans les {couples} hétérosexuels, on peut parfois avoir l’impression d’une incompréhension entre l’homme et la femme : elle attend qu’il rappelle alors qu’il craint de paraître trop hâtif ; il se met la pression pour le choix du restaurant et elle pour le choix de sa tenue…

Ces rapports entre homme et femme sont le sujet du roman Jules et Julie, Histoire double, écrit par la psychanalyste et psychologue clinicienne Caroline Weill. Paru en octobre dernier, il raconte les deux factors de vue dans une relation naissante, et les confidences des deux protagonistes à leur psychologue respectif.

Des préoccupations et des craintes différentes

« L’idée était de montrer que l’homme et la femme raisonnent de façons complètement différentes », explique-t-elle. Selon ce qu’elle a observé en session, les préoccupations différentes des hommes et des femmes ne sont pas que des stéréotypes, surtout lors de ce fameux début de relation.

L’attente pour se téléphoner après la rencontre est par exemple vécue différemment des deux côtés : « L’homme raisonne par rapport à son quotidien et attend d’être totalement disponible, de s’être vidé la tête, pour rappeler. La femme, elle, est dans l’expectative et l’impatience. Elle se demande si c’est elle qui doit rappeler. »

La première nuit, inévitablement compliquée

Et ces considérations différentes se prolongent lors de la première soirée intime. D’après Caroline Weill, les hommes sont préoccupés par « un souci de efficiency » : « Ce qui va les guider, c’est : je dois être à la hauteur. » À l’inverse, les femmes sont plutôt « dans l’remark d’elles-mêmes » : « Elles ont plutôt tendance à se dévaloriser, à essayer de camoufler tout ce qu’elles n’aiment pas chez elles. Leur propos, c’est de plaire à l’autre. »

Cette remark mutuelle, qui fait que la première nuit ensemble n’est souvent pas si réussie, se produit à tout âge, d’après la psychanalyste. Qu’on ait 30 ans ou 60, « la première fois, on arrive chacun avec son passé. Il y a beaucoup de monde dans le lit : l’éducation, les expériences passées… »

Des attentes qui peuvent être contradictoires

Au fur et à mesure que la relation se construit, des différences demeurent : « L’homme a davantage peur du rejet, de se sentir envahi. Les mots d’amour et l’engagement un peu rapides peuvent le heurter. Tandis que la femme a peur que tout s’arrête, de déplaire ».

Dans son roman, les personnages Jules et Julie se rencontrent sur une utility après avoir été tous les deux déçus par des échanges qui n’étaient pas à la hauteur de leurs attentes. Selon Caroline Weill, les premières fois arrivent souvent plus rapidement quand on est passé par un website ou une utility, parce que « vous savez l’un comme l’autre que vous êtes disponible ». Son conseil dans cette scenario ? « J’ai tendance à considérer qu’il vaut mieux attendre un peu, parce qu’il faut laisser le désir et le fantasme s’installer. »

Alors pour ne pas se faire un sang d’encre lors des premiers moments en couple, la psychanalyste donne deux conseils : « Arrêter d’essayer d’être dans la tête de l’autre » et « absolument rester soi-même, ne pas se préoccuper de l’picture qu’on est en prepare de donner ».

Jules et Julie, Histoire double, de Caroline Weill, édition Anne Carrière.



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