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Une immense forêt de camphriers présumés presque éteints découverte à Sumatra



Jusqu’à récemment, le village de Siordang, sur l’île indonésienne de Sumatra, était surnommé “le dernier refuge des camphriers”. Des botanistes venaient de loin pour étudier, dans les champs des habitants, les vingt derniers arbres survivants. Des artistes y organisaient même des installations environnementales en souvenir de l’âge d’or de cet arbre dont les racines, les tiges et l’écorce donnaient, après distillation, le camphre, qui a fait de Barus, sur la côte occidentale de Sumatra, un port cosmopolite et prospère depuis l’Antiquité. “Dans les récits du Moyen-Orient, le camphre de Barus est mentionné pour avoir servi à l’embaumement des corps à l’époque des pharaons. Et le Coran mentionne la précieuse résine cristalline sous le nom de kafura”, raconte à Kompas l’historien Ichwan Azhari, de l’université indonésienne de Medan.

Depuis 2016, les scientifiques de cette université cherchaient dans l’intérieur des terres de Sumatra des traces du Dryobalanops aromatica, qui diffère du Dryobalanops camphora de Bornéo. Ce dernier ne produit pas de camphre de la qualité de celui de Barus. Ils allaient déclarer l’espèce pratiquement éteinte lorsqu’ils ont découvert, dans le district de Pakpak Bharat, une forêt de 600 hectares de camphriers antiques.

Avec des troncs d’un diamètre de 2,5 mètres, ils s’élèvent tout droit, sans branches, à plus de 60 mètres de haut, et leur âge est estimé à 200 ou 300 ans. Ichwan Azhari ne cache pas sa joie face à cette découverte inattendue :

“C’est une vivante page d’histoire !”

Mais la superficie de la forêt diminue de jour en jour au profit de l’expansion des plantations de palmiers à huile. Pour la sauvegarder, note Kompas, “il faut que les communautés locales puissent en tirer un bénéfice économique. Elle doit impérativement devenir un centre de recherche sur le camphre ainsi qu’un site d’archéologie végétale et de tourisme écoresponsable.”

Selon Aswandi, spécialiste du camphre à l’Agence nationale de recherche et d’innovation, seuls les arbres centenaires produisent du camphre d’excellente qualité. C’est pourquoi il est nécessaire, souligne-t-il, de développer de nouvelles méthodes pour extraire leur résine sans les abattre, comme cela fut pratiqué pendant des millénaires. “La découverte de cette forêt est un trésor pour le patrimoine mondial, confie Aswandi, émerveillé, à Kompas. C’est comme découvrir les ruines d’une ancienne civilisation, mais toujours vivante.”



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