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Une publicité pour l’Eurostar provoque la colère du transport aérien



Il régnait comme une odeur de soufre la semaine dernière au Paris Air Forum organisé par La Tribune, nous raconte Tour Mag. En cause, une publicité de la SNCF concernant l’Eurostar qui a eu beaucoup de mal à passer auprès des professionnels de l’aviation. La raison ? Ses accusations de pollution. Selon nos confrères, une phrase sur fond noir prétendait : “Bien sûr que les compagnies aériennes son vertes” accompagné d’une autre petite phrase en-dessous, entre parenthèses, “de jalousie”. Il n’en a pas fallu plus pour provoquer l’ire de certains acteurs, à l’image du président de la Fédération nationale de l’Aviation marchande, Alain Battisti, qui a parlé de “bêtise” et de “provocation”.

Alain Battisti n’a pas hésité à se moquer de la SNCF, qui est selon lui “dans une situation […] avec une concurrence nouvelle qui ridiculise l’entreprise sur une liaison historique”, comprendre Paris-Lyon, alors que Trenitalia est arrivée en fin d’année. “On ferait mieux de jouer avec ses trains électriques plutôt que de s’intéresser à une concurrence qui n’est pas directe”, s’est-il emporté. D’autres se sont aussi interrogés sur le bilan “écologique de la compagnie ferroviaire. Le président de Corsair, Pascal de Izaguirre, a remis en cause le “modèle de vertu” qui est présenté. Il aussi demandé plus de “transparence”, avant de s’attaquer encore plus violemment à la compagnie : “La SNCF en France, c’est une diva, la vache sacrée que l’on n’attaque pas.”

“Humour pas à la hauteur”

Le directeur général d’Air Caraïbes, Marc Rochet, s’est fendu de moqueries concernant la nouvelle publicité avec la chanson de Desireless “Voyage, voyage”, jugeant “qu’elle avait plus de talent qu’ils n’en ont”. Il a rappelé aussi que l’entreprise était en plein “procès Brétigny” que l’humour du service marketing “n’était pas du tout à la hauteur”. Ces professionnels ont aussi demandé de la “décence” à la SNCF et qu’elle ne s’attaque pas à ses concurrents français, détaille Tour Mag. Pour l’UAF, l’Union des Aéroports français et francophones associés, la “SNCF veut faire diversion” afin de demander encore plus aux collectivités. Et d’ajouter : “La SNCF veut se présenter en chevalier blanc de l’écologie, ce n’est pas vrai.”

Si les tentatives d’apaisement ont été entraperçues autour de la table, que ce soit de la part de Marc Rochet ou Pascal de Izaguirre, les deux ont déploré l’incapacité d’avoir “une liaison de bonne qualité entre Roissy et la gare du Nord”. Ils ont rappelé que Corsair, Air Caraïbes et French Bee ont dû financer un bus privé. Si la PDG de Transavia a tenté de mettre en avant la liaison directe entre Orly et le centre de Paris, l’apaisement n’est pas revenu. Absent de la table des débats, la SNCF n’a pas pu se défendre, mais le débat sur l’intermodalité et la connectivité a été vivement relancé. Surtout, c’est le message de la publicité qui n’est pas passé. Un futur dialogue est-il possible désormais ?



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