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Vente de masques, faux pass, fraude aux tests… Toutes ces arnaques qui ont gangrené la crise Covid-19


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Durant ces deux ans de pandémie, les escrocs en tout genre ont profité de la crise sanitaire pour revendre des masques hygiéniques en période de pénurie, falsifier des passes sanitaires ou élaborer de fausses déclarations pour profiter pleinement du fonds de solidarité. Florilège de ces arnaques les plus répandues.

En plus des fraudes liées aux tests anti-Covid, qui auraient concerné plusieurs dizaines d’officines françaises accusées d’avoir détourné plus de 50 millions d’euros auprès de l’Assurance en déclarant de faux tests de dépistage contre le Covid-19, une multitude d’autres dérives ont vu le jour au cours de la crise sanitaire en France.

Revente illégale de masques

En avril 2020, en pleine période de pénurie de masques sanitaires, les fraudeurs y voient un bon filon pour prospérer. Une enquête du parquet de Paris avait permis de saisir 20 000 masques FFP1 et FFP2 chez un particulier, dans le XIXe arrondissement de la capitale. La marchandise qui était alors réquisitionnée par l’État, avait été détournée et revendue dans la rue. Une quinzaine d’enquêtes avaient été ouvertes par le parquet de Paris pour des faits similaires. Le suspect avait été jugé et condamné à 1 an de prison ferme et 10 000 € d’amende.

À la même période, la société toulousaine Paul-Boyé qui produisait des masques a été victime d’une usurpation d’identité de la part de deux Françaises basées en Israël. En utilisant le nom de l’entreprise, elles sollicitaient des clients qui passaient commande de masques FFP2 et empochaient les sommes versées. La juridiction interrégionale spécialisée de Rennes avait ouvert une information judiciaire le 15 avril, pour des chefs “d’escroqueries et tentatives d’escroquerie en bande organisée, blanchiment et association de malfaiteurs”. À l’été 2020, la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, (DGCCRF), annonce avoir mené 41 600 contrôles et traquer les arnaques aux divers produits “miracles” anti-Covid-19.

Le “quoi qu’il en coûte” abusé

Entre 2020 et 2021, l’État a versé près de 40 milliards d’euros en faveur des entreprises en difficulté. Après enquête, l’administration fiscale a recouvré environ 70 millions d’euros indûment versés au titre du fonds de solidarité, par des entreprises ayant faussement déclaré des situations difficiles. Un peu plus de 4 000 dossiers sont transmis à la justice en 2021, contre 1 400 en 2020 et 1 800 en 2019. Sur ce total de 4 000 dossiers recensés, 2 500 ont concerné des fraudes aux aides aux entreprises mises en place par l’État pendant la crise sanitaire.

Arnaques aux faux pass sanitaires

En décembre 2021 et selon des données transmises à l’AFP par le ministère de l’Intérieur, il circulait environ 110 000 faux passes sanitaires en France. Une estimation basse, selon des sources judiciaires. Selon Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, 400 enquêtes sur des trafics de faux passes sanitaires avaient été diligentées, aboutissant à “plus d’une centaine d’interpellations”.

Falsifications de données, réseaux plus ou moins bien organisés via internet, les fraudeurs proposaient souvent des passes sanitaires en échange de quelques euros sur les réseaux sociaux. Pour mesurer l’ampleur du phénomène, la cheffe du service de réanimation du CHU de Nice avait déclaré, à l’époque, sur Europe 1, “qu’un tiers des lits de son service sont occupés par des personnes ayant bénéficié d’un faux passe sanitaire”. À l’été 2021, l’Assurance maladie précisait que “plusieurs personnes avaient été placées en détention provisoire ou sous contrôle judiciaire” pour fourniture de fausses attestations de vaccination.

Tromperie aux médicaments miracles

L’emballement sur la chloroquine, ce médicament largement plébiscité par le professeur Didier Raoult spécialiste des maladies infectieuses, a donné lieu à des reventes illicites sur les marchés parallèles. Dès avril 2020, des virements bancaires frauduleux ont plongé dans la difficulté de nombreuses personnes abusées par des sites fantômes qui proposaient la chloroquine comme un produit miracle contre le Covid.

Une enquêtrice de la gendarmerie de Strasbourg était à l’origine de la découverte de cette vaste escroquerie sur le Net. Il suffisait de taper “acheter chloroquine pas cher”, pour voir apparaître des sites qui proposaient le fameux produit à la vente. Près de soixante-dix sites de vente mais aussi des pages d’entreprises ont été piratés et renvoyaient à des plateformes de vente illégale de médicaments hébergées à l’étranger.



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