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Victimes du protectionnisme alimentaire, ces produits voient leur prix augmenter en France



La guerre en Ukraine, la sécheresse et la hausse des températures ont fait peser sur la planète un risque accru sur l’approvisionnement mondial en céréales et en denrées alimentaires. Certains pays ont préféré fermer les vannes des exportations, afin de garantir qu’il y aurait assez de nourriture pour leur population. Premièree à avoir lancé des mesures de protectionnisme alimentaire : l’Inde, suivie d’une vingtaine de pays. Les méthodes peuvent différer, relate Franceinfo ce samedi 11 juin : à côté de l’interdiction pure et simple de la moindre sortie des denrées hors du pays, les gouvernements ont pu mettre en place des limitations, avec des quotas imposés, ou des taxes qui viennent alourdir les exportations.

L’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (Ifpri) suit de près la question, d’autant que depuis le début de la guerre, “on constate une escalade”, a expliqué David Laborde, chercheur associé du centre de recherche, interrogé par nos confrères de Franceinfo. Or, ces restrictions vont venir toucher de plein fouet les pays pauvres. Selon l’ONU, près de 49 millions de personnes pourraient souffrir de la famine en raison de l’impact dévastateur de la guerre en Ukraine sur l’offre et les prix des denrées alimentaires dans le monde, relevait CNN le vendredi 10 juin. Selon la FAO, les prix alimentaires mondiaux ont augmenté de 17 % depuis janvier. Les prix des céréales ont augmenté de plus de 21 %. Et la France, comme tous les pays, a été touchée par ces augmentations de prix.

Blé et sucre : des répercussions indirectes

Nos confrères de Franceinfo ont étudié la situation de quatre produits dans l’Hexagone. Le blé, premier aliment bloqué par l’Inde le 14 mai dernier, est un ingrédient très utilisé pour nourrir le bétail en France. Et même si l’Hexagone produit et exporte cette céréale, la tension due à la décision indienne a fait monter les prix au niveau mondial. Résultat : il existe bel et bien une répercussion sur les coûts de fabrication des aliments dont le blé est un ingrédient indispensable, comme le pain ou les pâtes.

Décision moins connue, le sucre a aussi fait l’objet de restriction de vente à l’international de la part de l’Inde, premier producteur mondial de cette denrée. Mais là aussi, la France produit et exporte du sucre, nous ne devrions donc être impactés que de manière indirecte, via le prix d’articles transformés qui utilisent cet ingrédient.

Les huiles végétales “dans des situations très tendues”

L’huile de palme, ensuite, a fortement vu ses prix augmenter depuis la décision du président philippin de faire cesser la moindre exportation de ce produit, avant de réserver une partie de la production au territoire insulaire. Cela a entraîné des répercussions sur son prix, mais surtout sur le prix de ses alternatives (comme l’huile de tournesol) puisque l’industrie agro-alimentaire l’a remplacé par d’autres produits, faisant grimper de fait la note de ces derniers. Conséquence, “toutes les huiles végétales [soja, tournesol, colza…] sont dans des situations très tendues”, constate Philippe Chalmin, économiste spécialiste des matières premières, interrogé par nos confrères.

Reste le riz, détaille Franceinfo, qui n’a pour l’instant fait l’objet d’aucune restriction, et son cours ne s’étant pas encore envolé en Bourse. Mais ce statu quo risque de ne pas durer, car “vu que les prix continuent d’augmenter, certains pays pourraient décréter des restrictions supplémentaires”, s’inquiète le chercheur, interrogé par le média en ligne. Et cette fois, la France pourrait être touchée, puisqu’elle est importatrice de cette denrée.



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